
RP, 754 amis sur facebook, dix-huit meilleures amies et trois meilleurs copains dans la vraie vie, une poignée de nouvelles copines par année, je crois que j’ai le contact facile. Peut-être parce que j’adore les rencontres, la découverte de nouvelles personnes, l’intérêt de connaître sa vie, son enfance, son quotidien, d’entrer peu à peu dans l’intimité de quelqu’un, une complicité qui se noue, le moment où l’on commence à vraiment parler de soi et celui où cette personne a une présence régulière dans votre vie.
Pourtant, même si j’adore l’amitié, j’adore la solitude et quand mon mari m’a dit que peut-être on allait changer de vie et partir vivre dans la ville de mes rêves (d’accord après avoir reçu un peu de pression) … même pas peur. J’ai tellement fantasmé cette nouvelle vie sous les palmiers que j’étais prête à abandonner famille, travail, vie sociale et amis.
Et voilà, le choc. Ce blog aurait pu s’appeler il y a quelques mois, isabelletouteseuleinla. Finalement, la solitude que j’aimais tant, j’ai réalisé que je l’aimais quand je laissais le téléphone sonner toute la journée, les invitations s’empiler sur le bureau et que l’agenda ne pouvait plus respirer. Et finalement, le contact facile, à revoir… j’avais le sentiment d’être transparente. Il allait donc falloir aller les chercher, les amitiés…. et à tâtons, selon plusieurs méthodes, dûment éprouvées…
J’avais d’abord, en bonne personnalité en contrôle de tout, les amis prévus. C’est à dire ceux dont je savais que j’allais devenir l’amie. Enfin, dont j’avais décidé de devenir l’amie. La vieille copine, pas très proche, un peu perdue de vue mais la copine comme je voulais. Tellement intelligente, tellement drôle, artiste talentueuse, les enfants dans la même école, des sacrés souvenirs en commun, une intellectuelle sensible à mourir de rire qui aime les fringues, bref la copine parfaite. Et cette autre artiste genevoise qui m’avait tellement donné envie de venir vivre à L.A, et ce photographe perdu de vue depuis longtemps… Seulement voilà, il ne suffit pas d’apparaître d’un coup de baguette magique dans la vie des gens… J’ai dû un peu insister mais, ça y est, j’ai mes quelques amis proches, des belles rencontres et j’ai hâte de faire ici peu à peu le portrait de tous ces créateurs qui font maintenant partie de ma vie!
Il y avait aussi le copain américain rencontré peu avant qui s’est révélé un ami en or, le plus présent de tous, qui nous a accompagnés dans les visites de maison, emmené à notre première soirée (OMG ça mérite un billet entier!!!), présenté tous ses amis…. En échange je lui présente toutes mes amies qui viennent nous rendre visite et ça a l’air d’être un bon deal…
Et cette créatrice de sacs dont j’étais tombée sur le site, puis sur le blog après avoir eu un coup de foudre pour ses créations, et découvert peu à peu qu’elle était mariée à un français et avait un garçon du même âge que le mien dans la même école… bref elle ignorait bien avant de me rencontrer que j’avais décidé d’être son amie et elle a dû avoir un peu peur lors de notre première rencontre, j’ai dû la regarder comme j’étais un "stalker" mais on s’est reconnues et elle est maintenant celle vers qui je me tourne quand j’ai besoin d’adresses ou de conseils fashion.
Il y a eu aussi les amis conseillés… On ne part pas à L.A sans un carnet d’adresses d’amis d’amis à rencontrer absolument, et c’est ce qui me donnait de l’espoir… Et bien je n’en ai rencontré aucun!!! On essaie, trois mails, deux coups de fils et puis les agendas ne correspondent pas, après tout on ne se connaît même pas donc pourquoi se voir…? bref l’échec!
Heureusement et enfin… il y a les rencontres spontanées. Ou presque. A l’école, aux anniversaires, au café français, aux dîners. Et ça évolue finalement assez vite, un truc d’expat, je pense. Les coups de blanc au moment de la déprime avec le copain retrouvé si vite, le téléphone qui sonne, le premier déjeuner avec une copine, l’invitation chez des parents inconnus avant le premier jour d’école, le premier dîner chez des copains, et les copines américaines super fun avec des noms et des métiers incroyables! Bref, c’est comme ça que je suis redevenue moi-même, mais j’y vais, j’ai un rendez-vous…