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Voyage surprise pour mon anniversaire…. Je rêvais depuis des mois d’un roadtrip, un vrai, deux semaines en voiture à l’américaine. Là, je savais que nous prenions la route, seulement pour quelques jours, mais pas la direction. L.A c’est simple, d’un côté l’océan, de l’autre le désert… J’ai vite vu que nous ne partions pas vers …

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La raison pour laquelle l'on tombe amoureux de cette ville est généralement celle pour laquelle un autre peut la détester. L'étendue immense, sans vie souvent, les avenues vides de piétons, pleines de voitures. Pas de centre-ville. Un quartier animé est celui où l'on peut aller dans trois cafés et deux magasins sans reprendre sa voiture... Moi j'adore.  Sauf que la première fois que je demande à ma copine La Donna où acheter des fournitures scolaires, elle m'a regardé les yeux écarquillés comme si je lui demandais où trouver un gun (ah non ça c'est assez facile...) et m'a répondu que ben, à part online elle ne voyait pas trop. C'est donc ça, pas de quartier commercial, des malls, des plazas oui, mais avec des restos, des pharmacies grandes comme des supermarchés, des supermarchés plus grands, et des nail bars. Mais la petite course basique c'est un peu compliqué parfois. Alors le shopping... Ne vous méprenez pas, je ne dis pas qu'il n'y a pas de shopping, ça on est plutôt bien lotis.... Mais on ne part pas en mission de la même façon, c'est pas l'après-midi marathon à St-Germain des Prés, à part peut-être à Rodeo Drive, mais bon comment dire... on ne fait pas l'avenue Montaigne tous les jours. Il y a bien les malls esprit Disneyland, avec toujours les mêmes enseignes, J.Crew, Zara, Barneys. Mais surtout, il y a le multimarque conceptuel. Et là, c'est plus du shopping mais presque de la culture. Opening Ceremony par exemple. Une véritable expérience. On connaît mieux celui de New-York, mais Opening Ceremony sur La Cienega Boulevard a été conçu par les fondateurs de OC comme un retour à l'inspiration de leurs jeunes années californiennes. Regardez l'enseigne sur ma photo, le ciel bleu de L.A, l'esthétique fifties, c'est ça exactement. Le cool. C'est l'ancien studio de danse de Charlie Chaplin, tout simplement, ça vous pose un espace. Une maison posée au milieu de l'avenue, l'entrée par la petite cour, puis la porte en fer forgée et là, deux étages de mini-pièces en enfilade, chacune son atmosphère et sa déco colorée, sophistiquée et laid-back à la fois, ça fourmille de créateurs... Quelques marques françaises, Carven, Repetto, des éditions limitées K-Jacques pour OC.  Et au premier étage, chaque pièce correspond à un créateur. Acne, Band of Outsiders, et surtout Alexander Wang. Et des sacs Proenza Shouler en veux-tu en voilà. Une pièce entièrement faite en legos, des sols incroyables, le coin Schiesser, on peut y rester des heures. Et bien sûr, l'incontournable parking à l'arrière qui donne sur la Little House of Accessories, comme un petit chalet. Sans oublier la party, des expos trendy aux fêtes d'Halloween, bref, OC c'est une vraie destination en soi, la quintessence de l'esprit L.A. A part pour les photos du magasin, interdites...

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Je l’ai dit pour les hôtels, pour la campagne Dolce & Gabbana, j’aime tout ce qui a une histoire, un esprit. Le luxe pour moi, ce n’est surtout pas la marque, c’est le savoir-faire, la beauté, mais aussi la légende. Ou la petite histoire. C’est acheter un objet, un vêtement, un produit pas pour son …

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J’adore la vie d’hôtel. Non, j’adore la vie de palace. Par palace, je n’entends pas juste le nombre d’étoiles, non l’idée même du palace, avec la connotation un peu désuète du mot. Bien sûr que le grand luxe dans lequel nous plongent instantanément ces établissements n’est pas étranger à cette adoration mais au-delà de l’expérience de confort ultime, c’est surtout l’évocation du passé que j’aime. C’est ce sentiment immédiat d’être transporté dans le temps, dans l’histoire d’une maison, c’est vivre dans un lieu qui a tellement vécu auparavant. C ‘est le Lutétia et son passé si particulier, tellement bien raconté par Pierre Assouline, c’est le Taj Mahal de Bombay (oui moi je dis encore Bombay, je dois être une vieille dame au fond de moi), les Trois Rois à Bâle, le Danieli… Les hôtels mythiques.

Alors, même s’il n’est pas un palace à proprement parler, je suis obligée de commencer mes billets sur mes lieux favoris de L.A par le Château Marmont… Peut-être plus encore que ceux des hôtels que je viens de citer, son nom lui-même éveille une foule de fantasmes et d’a priori aussi. L’hôtel des stars, des morts tragiques, des fêtes de tous les excès, des acteurs reclus dans la dépression… Est-ce cela cette impression qui frappe dès qu’on y pénètre ?  L’arrivée par le garage peut-être ? Si bien décrite par Jean Rolin dans une scène complètement loufoque, cette arrivée est en effet étrange. On dit que les valets sont odieux, c’est un peu exagéré, pas tout à fait faux, on dit aussi que c’est pour faire fuir les touristes qui ne viennent que pour les photos et qui font eux fuir les stars. Et l’hôtel lui-même, que dire… Il y a plus luxueux, plus confortable, plus moderne, c’est incontestable, mais un café, un déjeuner, un dîner, un cocktail, douze cocktails dans ce bar hors du temps, dans ce patio de carton-pâte et son atmosphère feutrée, c’est presque la quintessence de l’expérience Los Angeles. L’hôtesse asiatique, James Bond girl ou héroïne de Brett Easton Ellis, qui vous accompagne à votre table, moment qui détermine votre importance… où vais-je être placé? Chaque fois, j’ai l’impression d’avoir rendez-vous avec un réalisateur avant de me souvenir que je ne suis pas actrice. Et même sans elles, sans Lindsay, Eva, Kirsten, Sofia ou l’extraordinaire Julie Delpy, ce lieu est définitivement envoûtant avec son décor de cinéma, inspiré des châteaux de la Loire, où l’on dîne dans la semi-obscurité d’un cadre totalement européen et si américain à la fois.

Maintenant promis, je vais pouvoir me mettre à des adresses moins convenues, et surtout à un peu plus de constance…

RP, 754 amis sur facebook, dix-huit meilleures amies et trois meilleurs copains dans la vraie vie, une poignée de nouvelles copines par année, je crois que j’ai le contact facile. Peut-être parce que j’adore les rencontres, la découverte de nouvelles personnes, l’intérêt de connaître sa vie, son enfance, son quotidien, d’entrer peu à peu dans l’intimité de quelqu’un, une complicité qui se noue, le moment où l’on commence à vraiment parler de soi et celui où cette personne a une présence régulière dans votre vie.

Pourtant, même si j’adore l’amitié, j’adore la solitude et quand mon mari m’a dit que peut-être on allait changer de vie et partir vivre dans la ville de mes rêves (d’accord après avoir reçu un peu de pression) … même pas peur. J’ai tellement fantasmé cette nouvelle vie sous les palmiers que j’étais prête à abandonner famille, travail, vie sociale et amis.

Et voilà, le choc. Ce blog aurait pu s’appeler il y a quelques mois, isabelletouteseuleinla. Finalement, la solitude que j’aimais tant, j’ai réalisé que je l’aimais quand je laissais le téléphone sonner toute la journée, les invitations s’empiler sur le bureau et que l’agenda ne pouvait plus respirer. Et finalement, le contact facile, à revoir… j’avais le sentiment d’être transparente. Il allait donc falloir aller les chercher, les amitiés…. et à tâtons, selon plusieurs méthodes, dûment éprouvées…

J’avais d’abord, en bonne personnalité en contrôle de tout, les amis prévus. C’est à dire ceux dont je savais que j’allais devenir l’amie. Enfin, dont j’avais décidé de devenir l’amie. La vieille copine, pas très proche, un peu perdue de vue mais la copine comme je voulais. Tellement intelligente, tellement drôle, artiste talentueuse, les enfants dans la même école, des sacrés souvenirs en commun, une intellectuelle sensible à mourir de rire qui aime les fringues, bref la copine parfaite. Et cette autre artiste genevoise qui m’avait tellement donné envie de venir vivre à L.A, et ce photographe perdu de vue depuis longtemps… Seulement voilà, il ne suffit pas d’apparaître d’un coup de baguette magique dans la vie des gens… J’ai dû un peu insister mais, ça y est, j’ai mes quelques amis proches, des belles rencontres et j’ai hâte de faire ici peu à peu le portrait de tous ces créateurs qui font maintenant partie de ma vie!

Il y avait aussi le copain américain rencontré peu avant qui s’est révélé un ami en or, le plus présent de tous, qui nous a accompagnés dans les visites de maison, emmené à notre première soirée (OMG ça mérite un billet entier!!!), présenté tous ses amis…. En échange je lui présente toutes mes amies qui viennent nous rendre visite et ça a l’air d’être un bon deal…

Et cette créatrice de sacs dont j’étais tombée sur le site, puis sur le blog après avoir eu un coup de foudre pour ses créations, et découvert peu à peu qu’elle était mariée à un français et avait un garçon du même âge que le mien dans la même école… bref elle ignorait bien avant de me rencontrer que j’avais décidé d’être son amie et elle a dû avoir un peu peur lors de notre première rencontre, j’ai dû la regarder comme j’étais un "stalker" mais on s’est reconnues et elle est maintenant celle vers qui je me tourne quand j’ai besoin d’adresses ou de conseils fashion.

Il y a eu aussi les amis conseillés… On ne part pas à L.A sans un carnet d’adresses d’amis d’amis à rencontrer absolument, et c’est ce qui me donnait de l’espoir… Et bien je n’en ai rencontré aucun!!! On essaie, trois mails, deux coups de fils et puis les agendas ne correspondent pas, après tout on ne se connaît même pas donc pourquoi se voir…? bref l’échec!

Heureusement et enfin… il y a les rencontres spontanées. Ou presque. A l’école, aux anniversaires, au café français, aux dîners. Et ça évolue finalement assez vite, un truc d’expat, je pense. Les coups de blanc au moment de la déprime avec le copain retrouvé si vite, le téléphone qui sonne, le premier déjeuner avec une copine, l’invitation chez des parents inconnus avant le premier jour d’école, le premier dîner chez des copains, et les copines américaines super fun avec des noms et des métiers incroyables! Bref, c’est comme ça que je suis redevenue moi-même, mais j’y vais, j’ai un rendez-vous…

Chaque début de saison, c’est la même chose, août ou février, dans nos magazines apparaissent les nouvelles campagnes de pub avec leur lot de tendances, absurdes voire moches souvent – les genoux/pieds/épaules en dedans, le cheveu qui fait peur même chez Chanel, des situations improbables, l’incontournable regard hagard, des animaux ici ou là – et parfois un peu de beauté quand même (et des sacs qui font envie mais ça c’est un autre sujet). Et parmi ces campagnes que je n’aime pas de créateurs que j’aime, un fil conducteur qui me charme depuis des années… les campagnes "siciliennes" de Dolce & Gabbana. La lumière.

Et cet automne, celle-ci, la dernière, est particulièrement réussie. Je pense que si elle me plaît tant, c’est évidemment pour son esthétique, mais surtout parce qu’elle raconte une histoire, tissée depuis plusieurs saisons. Une histoire sicilienne, une histoire de famille, avec grands-parents, enfants, beaux garçons, vues grandioses de Syracuse, et ces femmes sublimes à la beauté si lumineuse malgré les cheveux et l’oeil noir. Monica Bellucci, qui vieillit, toujours plus femme; Bianca Balti fatale et la si gracieuse Bianca Brandolini d’Adda (croisée récemment au Chateau Marmont aussi jolie en vrai… ce que je découvre être assez rare ici, autre sujet aussi!) qui incarne si bien la femme italienne dans toute sa splendeur. Les photos pleines de vie donnent envie de rejoindre cette famille intense, qui mange, qui boit, qui danse et qui bouge à l’italienne. Bianca parle avec ses mains, en pose une sur le coeur, danse avec un bras levé, et nous on est avec Claudia Cardinale et Marcello Maiostrianni à Catania, on est avec Al Pacino qui rencontre sa jeune épouse… C’est l’envie d’un film italien de la grande époque qu’ils nous offrent. Et puis mes obsessions de mode de toujours, la robe noire bien sûr, la dentelle blanche, le léopard… et plus nouveau, cette imagerie baroque qui ferait presque envie. Je ne suis pas sûre que ce soit vraiment encore l’envie de m’habiller en Dolce & Gabbana, pas très approprié au mode de vie californien, mais en tous cas, la fin pour moi du délire Isabel Marant, du short en jean porté cet été du lundi au dimanche, et le retour de l’uniforme noir – oeil et cheveu compris.

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J’ai toujours, disons depuis mon premier séjour dans cette ville, rêvé de vivre à Los Angeles. Cette ville vous laisse un sentiment de vacances permanentes, de rythme décontracté et d’un mode de vie à part, la vie californienne. Lorsque nous sommes arrivés ici, il y a quelques mois, une belle exposition au LACMA montrait comment …

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